Plus de 100 fonctionnaires fédéraux, anciens et actuels, ont engagé des poursuites contre Elon Musk et l’agence du Département de l’efficacité gouvernementale qu’il dirige. Selon un nouveau recours fédéral déposé mardi, Musk et son administration auraient accédé à des dossiers hautement confidentiels sans respecter les procédures de vérification et d’autorisation requises.
Une plainte fédérale déposée contre Musk et le Département de l’efficacité gouvernementale
Un groupe de plus de 100 employés fédéraux actuels et anciens a intenté une action en justice contre Elon Musk et l’agence gouvernementale qu’il dirige, le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE). La plainte, déposée mardi devant un tribunal du district sud de New York, accuse Musk et son agence d’avoir accédé à des dossiers personnels hautement sensibles sans autorisation ni vérification adéquates.
La poursuite a été initiée par l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et d’autres organisations de défense de la vie privée, qui représentent 104 travailleurs ainsi que plusieurs syndicats de fonctionnaires. Les plaignants demandent à l’Office of Personnel Management (OPM), l’agence en charge des ressources humaines du gouvernement américain, de mettre un terme à l’accès de DOGE et de ses agents aux systèmes contenant des informations confidentielles.
Un accès non contrôlé aux systèmes gouvernementaux
Selon la plainte, l’OPM aurait permis aux agents de DOGE d’obtenir un accès administratif aux bases de données contenant des millions de dossiers personnels, sans procéder aux contrôles de sécurité habituels. Ces agents, pour la plupart âgés de moins de 25 ans et ayant été récemment employés par des entreprises privées appartenant à Musk, auraient ainsi pu consulter des informations sensibles sans restriction.
« Les accusés de l’OPM ont donné aux accusés de DOGE et aux agents de DOGE un accès administratif aux systèmes informatiques de l’OPM, sans subir aucun contrôle de sécurité nationale normal et rigoureux », précise le document juridique.
Le procès désigne Elon Musk, le Département de l’efficacité gouvernementale, l’Office of Personnel Management et son directeur actuel, Charles Ezell, comme principaux accusés.
Des violations présumées de la loi sur la protection de la vie privée
Les plaignants accusent DOGE d’avoir enfreint la loi sur la protection de la vie privée, qui interdit l’accès non autorisé aux données personnelles, y compris celles contenues dans les bases de données des agences fédérales.
« La loi sur la protection de la vie privée interdit aux accusés de l’OPM de donner accès aux millions de dossiers personnels de l’OPM aux accusés de DOGE, qui n’ont aucun besoin légal et légitime d’un tel accès », argumente la plainte. « Aucune exception à la loi sur la protection de la vie privée ne couvre l’accès des accusés de DOGE aux dossiers détenus par l’OPM. »
L’un des cas les plus troublants mis en avant concerne Edward Coristine, un employé de DOGE âgé de 19 ans, connu en ligne sous le pseudonyme de « Big Balls ». Celui-ci aurait été licencié par une entreprise de cybersécurité après avoir fait l’objet d’une enquête interne sur des fuites de données durant son emploi.
Des répercussions potentielles pour les fonctionnaires concernés
Les employés fédéraux impliqués dans l’affaire craignent que cet accès abusif à leurs données puisse nuire à leur carrière. Le procès met en lumière les risques encourus, notamment en raison des déclarations passées d’Elon Musk et de l’ancien président Donald Trump, qui avaient menacé de licencier des employés considérés comme « déloyaux ».
Par ailleurs, l’exposition des informations financières des fonctionnaires pourrait les rendre vulnérables à des tentatives de piratage, que ce soit par des criminels ou des acteurs étrangers. Cette situation suscite des inquiétudes quant à la sécurité des données gouvernementales et au respect des règles de confidentialité.
Une première étape vers une action collective
Ce procès intervient dans un contexte de controverse grandissante autour de l’accès de DOGE aux données gouvernementales. L’agence, dirigée par Musk, a récemment annoncé des réformes majeures impliquant des licenciements massifs au sein de l’administration fédérale.
Les plaignants espèrent obtenir une injonction judiciaire afin d’empêcher DOGE d’accéder aux données personnelles des employés fédéraux. Victoria Noble, avocate de l’EFF, a indiqué que cette action en justice constitue une première étape avant un possible recours collectif.
Pour l’instant, ni DOGE, ni l’OPM, ni les représentants des entreprises d’Elon Musk n’ont répondu aux sollicitations des médias pour commenter cette affaire. La procédure judiciaire pourrait avoir des répercussions importantes sur la gestion des données personnelles au sein du gouvernement américain et sur la transparence des décisions prises par le Département de l’efficacité gouvernementale.
Source : TechCrunch